Presque tout le monde qui finit par franchir la porte de mon cabinet passe d'abord par une période d'hésitation. Parfois pendant des mois. Parfois pendant des années. Et derrière cette hésitation se cachent presque toujours les mêmes questions et les mêmes idées reçues — simplement, personne ne les avait encore formulées à voix haute.
Cet article leur est consacré.
Les questions que tout le monde se pose, mais exprime rarement
« Mon problème est-il assez grave ? »On attend souvent que les choses aillent « vraiment mal » avant de chercher de l'aide — comme si la thérapie était un service d'urgence, et non un espace de soin. La vérité est l'inverse : plus on cherche du soutien tôt, plus le travail est léger et rapide. Il n'est pas nécessaire d'être au fond du gouffre pour avoir le droit d'être aidé.
« Que va penser le psychologue de moi ? »Derrière cette question se cache la peur du jugement. En pratique, le psychologue n'est pas là pour juger — il est là pour comprendre. Ce qui te semble honteux ou « excessif » résonne très différemment dans le cabinet : comme une expérience humaine, pas comme une condamnation.
« Et si on touchait à quelque chose que je ne peux pas gérer ? »Cette peur est compréhensible, mais le rythme de la thérapie se détermine ensemble — on n'entre jamais de force là où la personne n'est pas prête à aller. Le travail est progressif et avance avec ta capacité, pas contre elle.
« Est-ce que ça vaut le coup, financièrement et en temps ? »Il est logique de peser ses ressources. Mais il vaut aussi la peine de se poser la question inverse : combien te coûte le fait de continuer à porter quelque chose d'inchangé — en énergie, en sommeil, en relations, en concentration ?
« Et si ça ne marchait pas, et si ça n'aidait pas ? »Il est possible que dès la première séance tu ne ressentes pas d'« alchimie » avec le thérapeute — et c'est normal, le lien est important et demande parfois plusieurs essais. Mais le simple fait de te poser cette question montre déjà que tu veux que quelque chose change — et c'est un bon point de départ.
Les idées reçues les plus courantes sur la thérapie
« On ne va voir un psychologue qu'en cas de trouble psychique grave. » En réalité, la plupart des gens viennent pour du stress, de l'anxiété, des périodes de transition, des relations, une perte de repères — pas pour un diagnostic.
« Le psychologue va simplement m'écouter, mais rien ne va changer. » La thérapie n'est pas seulement de l'écoute — elle implique un travail concret sur les pensées, les schémas de comportement et les émotions, avec une direction et des objectifs clairs.
« Si j'ai besoin d'un thérapeute, c'est que je suis faible. » Chercher de l'aide demande plus de force que d'éviter le problème.
« Le thérapeute va me dire quoi faire. » Le rôle du thérapeute n'est pas de donner des solutions toutes faites, mais d'aider la personne à trouver par elle-même les réponses qui lui conviennent.
« Une fois qu'on y entre, on ne peut plus s'arrêter. » La thérapie n'est pas un engagement sans issue — le rythme, la fréquence et la durée se décident ensemble, selon les besoins.
Que reste-t-il, une fois qu'on écarte les questions et les idées reçues ?
Si tu t'es reconnu(e) dans au moins une des questions ci-dessus, c'est peut-être un signe qu'il vaut la peine de t'accorder un peu d'attention. La décision t'appartient — et si tu choisis de la prendre, nous pourrons faire ce pas ensemble.
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